
Avant d’être le visage de La Naissance de Vénus de Botticelli, Simonetta Vespucci fut un phénomène littéraire. Sa mort à Florence en 1476, à l’âge probable de 23 ans, n’a pas seulement provoqué le deuil ; elle a déclenché une vague de poésie qui a scellé son statut d’icône. Surnommée « la Sans Pareille », cette jeune noble génoise devint, pour le cercle de Laurent de Médicis, l’incarnation vivante de la beauté néoplatonicienne. Son retentissement littéraire fut immédiat, transformant la femme en mythe avant même que les peintres n’aient fini de la célébrer.
L’épicentre du mythe : le cercle Médicis
La célébration de Simonetta s’orchestre au cœur même du pouvoir florentin. Elle devient la muse collective des poètes humanistes qui gravitent autour de Laurent de Médicis, dit le Magnifique, et de son frère Giuliano.
Ange Politien et la naissance de la « Diva »
L’œuvre fondatrice du mythe de Simonetta est sans conteste les « Stanze per la giostra » (Stances pour la joute) d’Ange Politien (Angelo Poliziano). Ce poème, commencé en 1475, avait pour but de célébrer la victoire de Giuliano de’ Medici lors d’un tournoi et de narrer son amour platonique pour Simonetta.
