Simonetta Vespucci, beauté et affèterie

Les courtisanes vénitiennes du Cinquecento portaient un maquillage sophistiqué, coûteux, élaboré avec des produits rares. Les patriciennes, elles, se devaient de paraître naturelles. Trop de fard signalait la professionnelle. Aujourd’hui, les codes se sont inversés. Les femmes riches assument des maquillages complexes, des interventions chirurgicales visibles, un entretien corporel qui ne se cache plus. Le

Auteur: Thierry Grizard, publié le 1 novembre 2025.

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Sandro Botticelli. Le Printemps. Détail. Les 3 grâces seraient inspirées de Simonetta Vespucci.
Sandro Botticelli. Le Printemps. Détail. Les 3 grâces seraient inspirées de Simonetta Vespucci.

Les courtisanes vénitiennes du Cinquecento portaient un maquillage sophistiqué, coûteux, élaboré avec des produits rares. Les patriciennes, elles, se devaient de paraître naturelles. Trop de fard signalait la professionnelle. Aujourd’hui, les codes se sont inversés. Les femmes riches assument des maquillages complexes, des interventions chirurgicales visibles, un entretien corporel qui ne se cache plus. Le naturel est devenu marque de classe inférieure.

Cette inversion révèle quelque chose sur la distinction sociale. Pierre Bourdieu l’a montré : ce qui sépare les classes n’est jamais stable. Les marqueurs de l’élite changent dès qu’ils sont adoptés par les classes inférieures. Au XIXe siècle, le bronzage trahissait le travailleur agricole. La pâleur signalait l’oisiveté bourgeoise. Au XXe siècle, le bronzage devient luxe. Il suppose des vacances au soleil, donc du temps et de l’argent. Les ouvriers d’usine restent pâles. La distinction s’est inversée.

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