Philippe Cognée et la décrépitude

Philippe Cognée est artiste peintre français qui poursuit une voie originale par sa technique à l'encaustique mais aussi son obsession pour la décrépitude.

Auteur: Thierry Grizard, publié le 1 mars 2023.

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Délitements entropiques

Philippe Cognée | « Crowds »

Philippe Cognée (1957/…) est exposé du 7 janvier au 4 mars 2017 à la galerie Daniel Templon, Paris. On peut y voir dans sa manière bien spécifique des « foules » en essaims parcourues d’énergies entropiques où l’individualité se dissout. Il y a aussi des architectures en déliquescence. L’artiste représente la décrépitude urbaine et sociale et façonne la surface du tableau comme si elle était elle même un moment archéologique ou géologique de ce délitement.

Suburbain, dystopie et uchronie

Philippe Cognée au même titre qu’une Eva Nielsen, Jeremy Liron ou un Anselm Kiefer semble être fasciné par les ruines, le suburbain et l’étiolement. On oscille avec ces artistes de la ruine, (existante et/ou re-interprétée), entre la dystopie, l’uchronie et une sorte d’archéologie du présent et des ses projections possibles dans le futur.

La toile comme sédimentation

Depuis le Pop Art d’un Rauschenberg et ses « combine painting » ou même de Daniel Spoerri en passant par la photographie des marges chez Egglestone ou Nan Golding et aussi le cinéma décrivant la modernité et les villes (Antonioni, Lynch, etc.) la vie urbaine et ses désordres cancéreux est un thème récurrent de l’art moderne et contemporain.

Le suburbain comme lieu hybride fascine de nombreux artistes depuis les années cinquante. C’est de plus une sorte d’écho pessimiste aux ruines mélancoliques du romantisme, ou même des Arcadies et paysages élégiaques de la renaissance.

  • Chez Eva Nielsen par exemple il s’agit de combinaisons à la Ed Ruscha qui décrivent un suburbain où le désordre redonne à la Nature l’occasion de regagner du territoire.
  • Chez Jeremy Liron il s’agit avant tout des banlieues et leur quotidien déformé par l’espèce de vide social et presque ontologique qui les caractérise.

Délitement général

Chez Philippe Cognée la toile est elle même en décrépitude, elle se délite et se stratifie à l’image de couches géologiques ou archéologiques. La contamination de l’entropie urbaine et sociale sert de motif à l’artiste.

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