La formation du regard photographique de Diane Arbus trouve une source essentielle dans sa passion pour la littérature, et particulièrement dans les écrits de Joseph Mitchell, figure emblématique du New Yorker. En novembre 1960, Arbus, alors en pleine transition vers sa carrière de photographe indépendante, prend l’initiative de téléphoner à l’écrivain dont elle dévore les récits. Cette première conversation durera deux heures, inaugurant une relation intellectuelle déterminante.
Mitchell était célèbre pour ses portraits littéraires d’individus hors-normes de New York, notamment dans McSorley’s Wonderful Saloon, où il dressait avec humanité les portraits de proscrits, de gitans, de monstres de foire et de marginaux de toutes sortes. Son sujet le plus emblématique, Joe Gould, cet écrivain excentrique immortalisé dans « Joe Gould’s Secret », incarnait parfaitement cette fascination pour les figures en marge de la société que Mitchell et Arbus partageaient.
