Richard Taurigny, un nouveau Benvenuto Cellini

Richard Taurigny, à propos d’un sculpteur rouennais entre la Vénétie et la Lombardie que l'on comparait parfois à Benvenuto Cellini.

Auteur: Thierry Grizard, publié le 3 mars 2018.

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Richard Taurigny, « Comme un nouveau Cellini »

A propos d’un sculpteur rouennais entre la Vénétie et la Lombardie « Il est curieux que l’Italie, même à la renaissance, empruntait à la France […] ses sculpteurs en bois. C’était à notre ville de Rouen que l’Italie, patrie de tant de grands artistes, était allée emprunter un humble bahutier, Richard Taurigny. L’histoire de Padoue représente Richard Taurigny comme un nouveau Cellini, à raison de son talent d’abord, puis de son humeur peu sociable […]. Ricciardo Taurini scultor di legname eccellente […]. L’opera del Taurino può essere considerata come uno dei casi più curiosi della maniera francese nel Veneto […] ».

Un bas-relief en bois sculpté, attribué à un artiste issu probablement de l’atelier de Richard Taurigny Riccius Taurinus selon une transcription latine, et exposé à la vente chez un antiquaire italien, a attiré notre attention sur ce sculpteur français dont les sources historiques ne parlent qu’occasionnellement. Ainsi, des textes italiens et français évoquent cet artiste compte tenu de ses créations, notamment entre le XVIII° et le XIX° siècle, tandis que le siècle après, il semble être tombé dans l’oubli. Ces textes, sur lesquels nous revenons, ne livrent pourtant que très peu d’informations concernant sa vie et son travail. Et on doit être attentif à ne pas confondre le nom du sculpteur du XVI°siècle, transcrit en italien comme « Ricc(i)ardo Taurini(o) », avec le nom similaire d’un peintre connu plus tard. Free public preview↑/↓Only visible to members

Magister lignaminis de Rouen en Italie

Richard Taurigny, né à Rouen en Normandie, fut noté dans des sources historiques, dès le Cinquecento, sous son nom italianisé Riccardo ou Rizzardo di Guglielmo Taurini (Taurino, Taurin ou Taurigny). Présenté souvent comme un célèbre sculpteur-statuaire et sculpteur-graveur, nous ne disposons que de quelques indications rudimentaires concernant son origine. On ne sait pas vraiment quand et pour quelles raisons précises il fut venu en Italie. Une notice du xix° siècle indique qu’« un de nos sculpteurs Richard de Taurigny, fut appelé en Italie pour y exécuter des travaux sur bois, vers 1520 ». On lit aussi que les Italiens devaient s’adresser à Taurin pour la confection des stalles de Sainte-Justine de Padoue et de la cathédrale de Milan (ce qui aurait eu lieu après 1510). Mais ces informations n’étant pas confirmées par d’autres témoignages historiques, rien ne prouve leur authenticité, tandis que l’on trouve d’autres références à propos de son activité vers le milieu du xvi°siècle. Le Normand, s’étant installé dans le nord de la péninsule, fonda avec ses trois fils nés à Milan entre 1568 et 1580 Giacomo, Giovanni et Gian Paolo , un atelier de sculpteurs sur bois actif notamment entre la Vénétie, le Piémont et la Lombardie, de la moitié du XVI°siècle jusqu’à la première moitié du siècle suivant. L’une des plus anciennes mentions, concernant le sculpteur français, provient de Giovanni Paolo Lomazzo. En le citant juste après « Rafaello Santio da Urbino », ce peintre et théoricien revient sur ses principaux travaux confectionnés alors pour les deux églises de Padoue et de Milan. Comme en témoigne l’extrait du texte : « parmi ceux qui ont sculpté en relief et surtout en bois, il me suffira d’en nommer un seul, mais le plus rare qu’il soit au monde aujourd’hui, appelé Richard Taurino de Rouen, en Normandie ». Et cette appréciation fut souvent répétée dans des sources anciennes que nous souhaitons étudier ici.

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