Farah Atassi, les ornements entropiques

Farah Atassi est une jeune artiste peintre à la carrière fulgurante dont le motif essentiel est tiré de l'histoire de l'art moderne et des avant-gardes.

Auteur: Thierry Grizard, publié le 19 janvier 2019.

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Farah Atassi, ornements anamorphiques !

Depuis que Farah Atassi a quitté la peinture descriptive d’espaces désolés aux connotations narratives inspirées de photographies de maisons communautaires russes (voir notre article), la méthode employée se répète immuablement. Une technique qui tient lieu de procédure et où l’objet de la pratique est la praxis même de la peinture dans sa singularité (picturalité).

Farah Atassi commence par un dessin perspectiviste, aux fuyantes fréquemment très accentuées. Les prémices sont donc illusionnistes, ils simulent la profondeur sur une surface plane. Ensuite, selon une grille distribuée uniformément sur le plan de la toile l’artiste applique, on pourrait même dire, appose un motif récursif. L’itération ornementale en « all over » nie donc l’espace perspectiviste. La planéité du plan pictural est comme projetée indifféremment jusqu’à parvenir à des distorsions visuelles inévitablement proches de l’Op Art, ou à l’image des projections de Georges Rousse et rappelant quelque-fois les découpes en aplat de Gordon Matta Clark.

Les œuvres de Farah Atassi sont comme des anamorphoses où le point de vue est, par conséquent, déjà fixé sur la toile. Ce qui constitue un paradoxe ! En effet, en surimposant des figures ornementales en deux dimensions sur une construction simulant les trois dimensions, Farah Atassi annule par contamination la toile comprise comme « veduta », pourtant dans le même temps l’effet de projection suggère un point de vue anamorphique impliquant la profondeur.

Enfin, pour mieux brouiller les pistes l’artiste peintre dissémine sur le plan de ce qui tient lieu de « sol » des objets hors d’échelle, en général des citations des productions du design moderniste (maquettes de bâtiments, jouets avant-gardistes, etc.). Les incohérences d’échelles d’un point de vue réaliste, (donc kitsch selon Clement Greenberg, toujours sous-jacent chez Farah Atassi), constituent l’autre biais par lequel elle maintient la vigueur de sa peinture paradoxale.

Farah Atassi et le modernisme

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