Alex Prager le monde en technicolor

Alex Prager est une plasticienne américaine qui pratique une photographie cinématographique citant les sixties pour mieux en faire éclater le modèle.

Auteur: Thierry Grizard, publié le 22 août 2018.

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Faces in the crowd

Alex Prager se situe dans l’héritage de la « Staged Photography » initiée par Jeff Wall. Mais alors que ce dernier, et d’autres comme Philip Di Corcia ou Gregory Crewdson se sont cantonnés à l’image fixe malgré une mise en œuvre et une facture cinématographiques, la plasticienne californienne mêle de manière inextricable l’image arrêtée et les images montées et filmées.

Alex Prager.

Alex Prager et le technicolor

Jeff Wall a articulé sa démarche avec l’idée de réaliser un travail « documentaire » sur ses contemporains à travers le prisme de l’histoire de l’art, en créant des peintures photographiques. Ce qui est à entendre dans les deux acceptions, formelle et iconographique. En effet, Jeff Wall convoque des œuvres, pour la plupart picturales, et les reconstruit minutieusement sous forme de photographies exposées dans des boites lumineuses, rappelant aussi bien la projection cinématographique que les publicités de la société de consommation de masse. Ces images sont bien des restitutions de tableaux. Mais ces « tableaux photographiques » ont surtout pour vocation de dépeindre, dresser, précisément, le tableau de la « vie moderne », en pointant l’écart entre le modèle issu de l’art classique ou ancien, et le constat du désenchantement du monde contemporain. Il dévoile ainsi un des traits fondamentaux de l’art moderne et post-moderne : la perte d’aura.

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