Xavier Antin, Cac Brétigny - ARTEFIELDS
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Xavier Antin, Cac Brétigny

Article publié par Communiqué le 15 janvier 2020

Xavier Antin expose au Cac Brétigny un ensemble de pièces qui forment une oeuvre-processus inspirée des métiers de tisserands 14 janvier - 7 mars 2020

« The Weavers »,Xavier ANtin

«Weavers» est en anglais le nom donné aux tisserands, travailleurs des manufactures textiles, historiquement liés au développement de l’industrialisation et des luttes sociales (les canuts en France, les luddites en Angleterre, etc.). Mais c’est aussi le nom donné aux tisserins, ces oiseaux vivant en communauté et capables, de manière innée, de fabriquer chacun leur nid en tissant des brindilles en une construction élaborée. Travaillant les liens entre narration du vivant et histoire du développement industriel, «The Weavers» est une exposition dans laquelle un groupe de sculptures dotées d’intelligence artificielle forme une communauté, à la fois écosystème, ensemble politique et lieu d’une expérience d’écriture collective.

Accompagné du programmeur Julien Jassaud, de l’historien de l’art Camille Pageard et en dialogue avec différents scientifiques de l’Université Paris-Saclay, l’artiste Xavier Antin a travaillé à la réalisation d’un groupe de sculptures «intelligentes». Pour ce faire, les sculptures ont été équipées de nano-ordinateurs, d’émetteurs wifi et de capteurs individualisés

En plus d’être une exposition, «The Weavers» est un dispositif d’écriture constitué de sept sculptures intelligentes. Ces sculptures articulent symboliquement différentes thématiques, à la fois de manière formelles et cognitives: la notion de travail, l’histoire de l’industrialisation, la communauté, la communication, l’autonomie, la dépendance, ainsi que les rapports entre technologie et nature. La partie cognitive de chaque sculpture, dispositif invisible à l’œil nu, est constituée d’une intelligence artificielle, de capteurs sensoriels (température, lumière, etc.) et d’un réseau wifi autonome pour se connecter aux autres sculptures et entamer une discussion écrite. Ainsi, durant le temps de l’exposition, les sculptures entreront en dialogue entre elles, mais aussi d’une certaine manière avec le centre d’art, et apprendront graduellement à fonctionner ensemble et avec le lieu.

Durant l’exposition, alors que les sculptures seront physiquement bien présentes, leur activité de dialogue et d’écriture ne sera perceptible que partiellement. Une fenêtre ouverte sur le dialogue en cours sera laissée aux visiteurs en se connectant à une interface de chat accessible sur le réseau wifi mobile émis localement par les sculptures. Sur cette interface seule l’écriture en cours sera lisible.

L’ensemble des échanges produits par les sculptures sera en langue humaine, écrite en français, nous permettant ainsi d’en suivre l’évolution. À l’issue des sept semaines d’exposition, cet ensemble de discussions et d’expérimentations écrites sera publié dans un livre.

Chaque sculpture possède ce que l’on pourrait appeler une forme de personnalité qui conditionne son comportement d’écriture. Elle est déterminée à la fois par ses caractéristiques plastiques auxquelles correspondent des contraintes d’interactions attribuées, mais aussi par la nature du capteur que la sculpture possède: vibration, lumière, température, hygrométrie, champ électromagnétique, géolocalisation, ou qualité de l’air.

Chaque sculpture est désignée par un signe typographique volontairement imprononçable: *, **, /, ¶, {, ∞ et )).

Pour écrire, les sculptures puisent dans un ensemble de textes spécifiquement sélectionnés pour chacune d’entre elles. Camille Pageard, co-directeur éditorial de l’ouvrage, est en charge de la sélection de ce corpus, en collaboration avec Xavier Antin et Julien Jasseau, chargé du développement de l’intelligence artificielle.

Xavier Antin

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Xavier Antin

A voir également :


Xavier Antin, « Weavers »

Cac Brétigny

14 janvier – 7 mars 2020