Sarah Sze à la galerie Gagosian - ARTEFIELDS
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Sarah Sze à la galerie Gagosian

Article publié par Communiqué le 4 mars 2020

Sarah Sze expose à la galerie Gagosian Paris et propose des peintures oscillant entre le microscopique et le numérique ainsi qu'une installation multimédia.. 18 mars - 30 mai 2020

Exposition personnelle

La sculpture déborde de son champ dans le monde d’une manière très complexe qui n’est pas lié à son cadre. En peinture, le monde se déverse dans le cadre et parfois, nous confondons ce cadre avec le monde.
—Sarah Sze

Gagosian est heureuse de présenter de nouvelles œuvres de Sarah Sze. Il s’agit de sa première exposition personnelle à Paris depuis sa présentation à la Fondation Cartier pour l’art contemporain il y a plus de vingt ans.

Bricoleuse extraordinaire, Sze glane des objets et des images de mondes à la fois physiques et numériques, les assemblant dans des installations multimédias complexes qui suscitent une observation microscopique tout en évoquant une perspective macroscopique de l’infini. Ces dernières années, elle est revenue à la peinture – le médium auquel elle s’était initialement formée – produisant des œuvres qui traduisent ses processus d’accumulation sculpturale dans la réalisation de peintures de collage qui sont détaillées, dynamiques et extrêmement texturales.

A la manière des affichistes d’après-guerre qui ont élevé le grain visuel accumulé de la vie urbaine du quotidien au rang de peinture, les tableaux à grande échelle de Sze concentrent de multiples formes de la création d’images en un langage visuel complexe mais unifié. Dans certains d’entre eux, des morceaux de photographies sont déchirés et visiblement collés aux surfaces, aboutissant à des tableaux abstraits qui évoquent la pixellisation tout en conservant l’aura de l’analogue et de la main de l’artiste. Sze applique des couches de peinture au-dessus et au-dessous de ces géométries de papier dentelé, les tissant au sein de chaque composition dans des arcs de grande envergure, des lignes ondoyantes et des dégradés chatoyants. Dans d’autres, les textures sont de purs trompe-l’œil, réalisés uniquement par collage photographique.

Dans une série de quatre peintures de petit format en partie inspirées par le passage de Piet Mondrian du motif de l’arbre à l’abstraction totale, Sze utilise une photographie numérique remaniée de l’une de ses peintures ou sculptures antérieures, qui devient le fondement d’une nouvelle œuvre. Dans ce processus génératif et récursif, les décisions prises dans une composition résonnent dans des constellations connectées qui persistent ou se dégradent au fil du temps.

Parallèlement à ces nouvelles peintures, Sze présente une nouvelle installation multimédia intitulée Plein Air (2020) qui décrit sa fascination permanente pour la production et la traduction d’images. Comme beaucoup de ses projets en trois dimensions, l’œuvre allie un assemblage complexe et une projection vidéo; elle fonctionne comme une sorte d’outil ou de portail, extrayant des images du monde et les présentant dans l’espace de la galerie dans un état transformé. Ainsi, images en mouvement et images statiques sont mêlées à la sculpture et à l’architecture dans une boucle qui associe ; entrée et sortie, production et consommation.

Double Wishbone (2020), également présentée, est une sculpture à peine visible composée de quelques chaînes fragiles en acier liées avec de la « peinture pure », le terme que Sze utilise pour désigner un ruban de peinture séchée qui est la trace autonome de son processus. Suspendue dans la cage d’escalier de la galerie de Paris, avec d’autres itérations dispersées dans l’espace projetant leurs ombres faibles, Double Wishbone invoque Hat Rack (1917/1964) de Marcel Duchamp ainsi que son concept d’inframince, la liminalité ineffable évoquée à la vue d’une vitre de verre peinte depuis le côté non peint, ou l’odeur de fumée de cigarette se mêlant à celle de la bouche qui l’exhale.


Sarah Zse

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Sarah Sze

Galerie Gagosian

18 mars – 30 mai 2020