Tsang Kin Wah, l’art peut il être immersif ?

Accueil » art contemporain » Tsang Kin Wah, l’art peut il être immersif ? | Par Thierry Grizard, publié le 14 juin 2015, modifié le 23 janvier 2019

L'art peut il être une expérience immersive ?

Tsang Kin WahTsang Kin Wah, (né à Shantou en 1976, Chine) a commencé par un travail typographique souvent dans le cadre d’interventions qui prennent possession d’un lieu. Il couvre murs, sols et plafonds de phrases ou de mots relatifs à de grands concepts et valeurs tels que le bien, le mal, la mort, la vie et leurs interactions avec l’individu et sa subjectivité. Tsang Kin Wah est très influencé par une éducation chrétienne qu’il réinterprète à la lumière de Nietzche qui, dit-il, lui apporte un éclairage positif sur l’héritage essentiellement négatif de ses influences chrétiennes.

L’effet de ses calligraphies itératives et souvent curvilignes fait évidemment penser à l’op art. Néanmoins, l’adjonction d’ambiances sonores - également sérielles -  particulièrement oppressantes et le contenu des éléments décoratifs procurent à l’ensemble un tout autre sens, voire même une dimension tragique quoique teintée d’ironie.

« The Seven Seals », (2009)

Dans cette pièce Tsang Kin Wah nous confronte aux maux de l’humanité : la mort, la guerre, le suicide, le déni, etc., placés cette fois dans la perspective d’un éternel retour, celui des maux collectifs comme de notre perception individuelle de la récurrence. Là encore Tsang Kin-Wah procède par boucles sonores et visuelles particulièrement immersives qui nous conduisent à une introspection angoissée face aux plaies de l’histoire collective, mais aussi sur le plan des concepts universels qui nous sont assénés en projection et qui nous amènent à réfléchir sur l’impermanence et la futilité de toute chose.


tsang-kin-wah, ecce-homo, trilogy


« Ecce Homo »,  (2011/12)

Dans « Ecce Homo » (référence à Ponce Pilate et Nietzsche), en retraçant le procès de Nicolae Ceaușescu, Tsang Kin-Wah nous immerge dans l’expérience subjective du jugement et de la sentence qui vont jusqu’à l’exécution d’un homme. En procédant par immersion, et donc en faisant appel à nos émotions, Tsang Kin-Wah questionne sans réponse préétablie de sa part la relation entre les faits, le discours, les valeurs et notre subjectivité, mais aussi le rapport entre les énoncés sociaux, moraux et notre ressenti.


stang kin wah, ecce-homo, trilogy


« The Infinite Nothing », (2015)

Pavillon de Hong Kong | The 56° Biennale de VeniseConçue spécialement pour la Biennale de Venise cette installation vidéo constitue à partir de quatre pièces vidéo une trame narrative développant le concept de l'éternel retour, des cycles et des retours sur soi au travers de certaines idées philosophiques (Nietzsche, le bouddhisme) ou encore de grands symboles populaires ou religieux. Le parcours débute par une rivière métaphorique pour se poursuivre dans des flots de mots ou phrases évoquant certaines idées universelles pour finalement revenir à la projection initiale.


tsang-kin-wah, the-infinite-nothing, venice, biennale


Tsang Kin-Wah | THE INFINITE NOTHING
Pavillon de Hong Kong | The 56° Biennale de Venise

Newsletter AF

A voir Aussi

ren-hang_photography_solo-show_mep

Ren Hang, des signes de l’amour

Ren Hang plus qu’un photographe est un poete visuel qui compose en images des jeux de mots ou de signes. Il procède par collages, collisions et inversions.

Trine Søndergaard, photographier le silence

Trine Søndergaard est une photographe danoise qui dépeint le silence. Elle capture des paysages comme des portraits et réalise des portraits tels des paysages. Elle tente de rendre dans l’absence ce qu’il y a de présence.

catherine-balet_photography

Catherine Balet, les images incertaines

Catherine Balet est une plasticienne qui utilise la photographie numérique et ses moyens de manipulation tel un outil de décomposition et reconstruction de l’image elle même qu’il s’agisse du costume comme identification, du réseau des images sur le web ou des icônes populaires, en l’occurrence celles de la photographie.

antony-gormley_sculpture_angel-of-the-north

Antony Gormley une sculpture est un évènement

Antony Gormley, dans sa nouvelle proposition “Stand” au musée de Philadelphie, peuple encore et toujours le paysage de ses sculptures totémiques.

talia-chetrit_mackbooks_showcaller

Talia chetrit et l’ego-portrait

Talia Chetrit est une jeune artiste conceptuelle américaine qui fait de l’image photographiée et de l’objectif qui la capture le centre de sa démarche, elle assimile l’œil scopique à une Origine du Monde (numérique) qu’elle expose littéralement à travers sa nudité.

dirk-braeckman_photography_belgium_grayscale

Dirk Braeckman le réel en échelle de gris

Dirk Braeckamn est un photographe plasticien belge qui à travers une infinité de nuances de gris tente de rendre la surface sensible et sensuelle du réel.

Pin It on Pinterest

Share This