Ronan Barrot au Festival d’Avignon

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Ronan Barrot expose dans le contexte du Festival d'Avignon. On retrouve toute la force de cet artiste peintre très païen et profane dans le cadre solennel et épuré de l'église des Célestins.

Ronan Barrot à l’église des Célestins

Ronan Barrot expose dans le cadre du Festival d’Avignon 2017 à l’église des Célestins. Le corpus exposé est un ensemble de toiles réalisées antérieurement au Festival et donc pas spécialement destinées à l’occasion, mais qui paradoxalement, s’accordent très bien avec le lieu. En effet, l’austérité monumentale et âpre de l’église du 14°/15° siècle résonne parfaitement avec le caractère originel, presque primal de l’œuvre du peintre.

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© Ronan Barrot. Photographie © Christophe Raynaud de Lage.

Pour Ronan Barrot la peinture est une transformation perpétuelle, une gestation sans fin, certes comme beaucoup d’autres peintres mais de manière très délibérée chez l’artiste breton. Certains poursuivent une idée qui suit son chemin sur la toile et s’en approche ou s’en éloigne. Chez Ronan Barrot la surface, exactement comme chez les peintres de l’abstraction, est le champ même de la peinture, mais chez cet héritier assumé de Courbet, le lien avec le réel sensitif, voire sensuel est conservé.

Il y a trop à dire de la perception du réel pour y renoncer. Il a donc nécessite de revenir sur tout ce qui a été peint, déjà, et recommencer y compris sur ses propres toiles que Barrot reprend constamment pour passer d’un prétexte narratif à un détail qui s’en éloigne définitivement par glissements picturaux successifs, ceux du geste et de « l’instinct » du peintre et aussi de son histoire personnelle. Le motif est absorbé dans le geste mais des fragments de la narration demeurent après la genèse et procure à la toile une intention mystérieuse et plus ou moins indéchiffrable et perdue.

D’ailleurs dans cette exposition à l’église des Célestins on peut voir en guise de gisant des vanités (Vanity case) sous formes de 48 cranes qui sont comme autant de dérivations plastiques.

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© Ronan Barrot. Photographie © Christophe Raynaud de Lage.

Il y a aussi « Fouille rouge » deux figures sur un fond rouge très dense, très sanguin, presque tauromachique, voire « vaticanesque » qui a servi à l’affiche du festival d’Avignon 2017. Ces deux figures oscillent de la mise en croix à l’enlacement sans que l’on puisse dire si il s’agit d’une même figure en plusieurs temps ou de deux « personnages » qui s’incrustent de manière sculpturale.

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On peut aussi redécouvrir « Le Nautonier » et bien d’autres pièces avec toujours la même inspirations issue en droite ligne de Courbet.


En savoir plus sur Ronan Barrot voir notre article ICI.


Ronan Barrot | Eglise des Célestins

Du 6 au 24 juillet 2017.

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