CAROL RAMA | Musée d’art moderne, Paris, France.

Accueil » art contemporain » CAROL RAMA | Musée d’art moderne, Paris, France. | Par Thierry Grizard, publié le 13 mai 2015, modifié le 3 janvier 2019

Carol Rama ou le Sensusrréalisme

Carol Rama (née en Turin en 1918) est une artiste peintre autodidacte, dont le travail est resté longtemps ignoré du monde de l’art, ce n’est que dans le début des années 2000 qu’elle connaît enfin une reconnaissance internationale.

Son œuvre résiste à toute classification bien que l’on y retrouve l’influence des mouvements artistiques qu’elle a traversé durant plusieurs décennies, du surréalisme au Pop Art en passant par l’abstraction et Transavangardia. Cependant elle a systématiquement donné un tour si personnel à ces influences que son parcours demeure atypique et relativement inclassable.

La seule constante dans son œuvre est la présence obsédante du sexe, du désir, de la marge, du corps, de la maladie et la folie. Carol Rama a inventé et a poursuivi dans la voie de celle qu’elle dénomme le « sensurréalisme », « l’abstraction organique », ou encore « l’art viscéral-concret ».
 
Une œuvre fascinante et forte à découvrir au Musée d’art moderne de Paris, dans le cadre de la grande rétrospective "la passion selon Carol Rama".
 

Communiqué de presse:

L’exposition La Passion selon Carol Rama révèle les multiples facettes du travail de cette artiste. La scénographie entend reprendre l’image d’une "anatomie" fragmentée, dans une lecture mi-chronologique, mi-thématique, la plus à même de dévoiler toute la complexité obsessionnelle de l’œuvre de Carol Rama.
Cet œuvre forme un corps hybride, où les sujets et les techniques ne font qu’un : de la "bouche-aquarelle" au "pénis/sein-caoutchouc", en passant par "l’œil-bricolage".
Ces différentes séries, en apparence hétérogènes dans leurs thématiques et dans leurs matériaux, dessinent un ensemble cohérent autour de sujets tels que la folie, le fétichisme, l’ordure et le dévalué, le plaisir, l’animalité, la mort.

Autodidacte, née en 1918 à Turin et issue d’une famille bourgeoise catholique traditionnelle, Carol Rama déclare : "Je n’ai pas eu besoin de modèle pour ma peinture, le sens du péché est mon maître." Depuis ses premières aquarelles censurées des années 1930, elle invente son propre système visuel, contrastant avec les représentations modernistes et normatives dominées par la vision masculine. Carol Rama se tourne vers l’abstraction à partir de 1950, se rapprochant de l’art concret, dont elle livre une vision organique. Vingt ans plus tard, elle crée une "image-matière" à partir de pneus découpés, d’une facture minimale et sensuelle. En 1980, elle revient à la figuration, avec des aquarelles peintes sur des planches d’architecture. Sa dernière grande série réalisée dans les années 2000, qui s’inspire de la "mucca pazza" (épidémie de la vache folle), consiste en des compositions provocantes encaoutchouc, que l’on pourrait qualifier de povera queer.

A l'opposé de l'atelier d'artiste lumineux, l'appartement de Rama est une chambre obscure savamment mise en scène, où cohabitent une multitude de portraits, d'oeuvres et d'objets : matériaux bruts servant à ses pièces, statuettes primitives ou religieuses, objets pop. Sélectionnés avec Maria Cristina Mundici (Archivio Carol Rama), des objets dialoguent ici avec une installations de photographies de la casa studio réalisées par Bepi Ghiotti, sur une bande-son originale de Paolo Curtoni, mixant des sons enregistrés dans l'appartement, avec des captations de la voix de l'artiste.


 

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