Antony Gormley à la galerie Xavier Hufkens

Accueil » art contemporain » Antony Gormley à la galerie Xavier Hufkens | Par Thierry Grizard, publié le 15 mars 2017, modifié le 15 janvier 2019

Antony Gormley, "Living Room"

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Antony Gormley est de nouveau à la galerie Xavier Hufkens dans une exposition intitulée "Living Room". Entendez par ce titre: où habite-t-on ?

Unité et multiples

Antony Gormley poursuit donc son interrogation sur le lien entre la conscience et le corps. Du point de vue de l'artiste inspiré par le bouddhisme et la physique moderne nous sommes plutôt dans un réseau, une homéostasie, un ensemble d’interactions complexes.

Mais comme en physique quantique aucune aperception neutre de l'objet n'est possible. Pas non plus apparemment de brique simple, unique et universelle au fondement de tout. Antony Gormley pour figurer cette interrogation sans fin utilise des résilles, des ensembles et des imbrications sous la forme de corps humains isolés ou répétés.

Second Body

L'année dernière à la galerie Ropac nous avons pu voir des corps totémiques. C'est à dire des unités sous forme de briques « primordiales » voire de pixels. Mais aussi des résilles ne conservant des corps dans leur milieu que les champs d’interaction.

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Living Room

Ici chez Xavier Hufkens ce sont des parallélépipèdes évidés qui s'entre pénètrent et oscillent du plein au vide. Debout ou allongés –comme des dépouilles mortelles– ces corps isolés ou en duo semblent paradoxalement bien plantés au sol. Leurs assises sont en quelque sorte telluriques.

Ils sont posés à terre comme des totems et indiquent par leurs vides et occultations l'étendue des possibles. Ou au contraire ces corps composés d’éléments répétés et interdépendants sont fichés comme des balises.

Quant au duo plus ou moins sépulcral qui git sur le béton ciré de la galerie, on peut y voir une connotation symbolique. En effet, chaque pièce est le reflet de l'autre. Elles semblent pouvoir s'emboiter parfaitement.

Antony Gormley donne donc encore une nouvelle interprétation des corps totémiques compris comme des points dans les champs des échanges physiques, sociaux, etc. Mais il s’agit aussi d'une figuration de notre conscience et perception de cette complexité qui nous façonne et nous échappe en grande partie.

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C’est à voir jusqu’au 8 avril 2017.


Antony Gormley, "Living Room"

9 mars au 8 avril, 2017.

Galerie Xavier Hufkens

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