Rétrospective Anselm Kiefer au Centre Pompidou

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Pour Anselm Kiefer la peinture est avant tout le moyen organique d’ouvrir un espace de questionnement dans la matière picturale. A voir au Centre Pompidou.

Anselm Kiefer, la peinture comme questionnement

Anselm Kiefer donne lieu au Centre Pompidou à une gigantesque et fascinante rétrospective.

Difficile de dire quoique ce soit d’un peu original sur Anselm Kiefer tant il cristallise, par ses questionnements visuels, les meilleurs esprits. C’est peut-être cela qui focalise les commentateurs, le retour du sujet en peinture, dans les arts visuels, le dépassement de l’auto-référencement en art et la paradoxale aporie de la circularité de l’art qui s’est appauvri jusqu’à n’être plus que de l’art pour l’art se niant lui-même. Un jeu de miroir indispensable en regard des enjeux historiques après-guerre et des catégories esthétiques qui avaient, face à la débâcle de l’occident « sauvé » de la terreur nazi, perdu leur sens.Anselm Kiefer reprend précisément le paradoxe au même point. Anselm Kiefer est Issu de l’après-guerre, d’origine allemande et ayant un père enrôlé dans l’armé nazi, il refuse d’abandonner le sujet, la représentation « figurée » de l’idée et du sentiment. Mais en héritier assumé des avant-gardes jusqu’au minimalisme il figure ses « sujets » hors des catégories esthétiques héritées du 18 et 19° siècles. Mais aussi en ne concevant pas la figuration, la mise en images figurées comme propre à un support particulier. La surface de la toile est dés lors outrepassée par son sujet et conduit à des collages, mais aussi à des pollinisations architecturales, sculpturales ou sous-forme d’installations protéiformes.

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©Anselm Kiefer. Courtesy Centre Georges Pompidou.

L’idée et le « sentiment », le questionnement, deviennent les sujets qui vont faire figures. C’est bien en cela qu’Anselm Kiefer se proclame ouvertement héritier du romantisme. Face au sentiment du « sublime » dans son horreur, sa puissance ou son angoisse l’œuvre se déploie sans borne esthétique, c’est l’héritage positif de la modernité, et dans un retour sans complexe à l’appel à l’intersubjectivité, c’est l’avantage de la polysémie post-moderne, post-internet, quelque soient les appellations

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Dés lors pour aborder l’œuvre d’Anselm Kiefer, une des difficultés majeures est d’être à la fois innocent, libéré des diktats des écoles, mais aussi très attentif tant c’est une œuvre savante. En effet, le travail d’Anselm Kiefer est constamment motivé par des recherches personnelles très poussées dans des domaines variés, alchimie, histoire, Kabbale, filiations artistiques, etc. Certes il n’est évidemment pas indispensable de connaître quoique ce soit de ces champs du savoir, mais en être averti aide à lire l'emploi des matériaux, l'empilement, la saturation des toiles présentées au Centre Pompidou. D’ailleurs l’évolution de l’œuvre à travers l’exposition est évidente. L’on va des premiers tableaux très littéraux et pensés comme des performances, des actes, aux cosmogonies où le sujet déborde le tableau qui devient comme un espèce de porte ouverte vers le sublime, l’infini en soi et hors de soi. L’exposition s’achève avec des champs de fleurs organiques, telluriques, d’une matière selon la distance qui va du relief à la chair la plus écœurante. Des tableaux paradoxaux, qui peuvent paraître plus positifs, moins inquiets que les précédents et pourtant quand on s’y approche effroyablement organiques, comme un chaos de matière que contient à peine la forme, la figuration. La figuration est presque là une tentative de conserver l’ordre dans le chaos organique de ces fleurs de chair

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