Amélie Bertrand | Galerie Semiose

Accueil » exposition » Amélie Bertrand | Galerie Semiose | Par Thierry Grizard, publié le 30 novembre 2015, modifié le 1 janvier 2019

Amélie Bertrand ou le retour ironique de la Figuration Narrative ?

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Un certain nombre de jeunes peintres français -Sepand Danesh, Jean de Sagazan_ semblent vouloir reprendre la démarche des peintres de la figuration narrative qui dans la filiation du Pop Art tentaient de mettre en exergue et de manière critique les objets, us et coutumes des "mythologies quotidiennes" de la société consumériste.

Avec Amélie Bertrand on pense évidemment à Klasen, Télémaque ou encore Rauschenberg mais aussi par les tons à Hockney, voire Ed Ruscha. Toutefois alors que la Figuration Narrative procédait par collage des objets matériels ou symboliques de la société de consommation, les objets figurés d'Amélie Bertrand sont comme des météorites échappées d'un jeu vidéo online des années 2000, « Second Life » notamment qui immergeait le « joueur » dans un univers sans ombre et aux découpes minimalistes.

On pense donc, au delà de l'hypothétique narration sans objet de ces toiles, à une démarche analytique qui décompose des objets-signes et de nouveau -boucle propre à l'art moderne- la figuration elle même. Cependant ce qu'il y a de réjouissant dans la démarche d'Amélie Bertrand c'est l'ironie pimpante, voire « kitsch » du traitement saturé et acidulé.

Il y a aussi de nombreux effets d'échelle empruntés typiquement au Pop Art qui a souvent procédé par monumentalisation de l'insignifiant, du "vulgaire", voir Claes Oldenburg évidemment. Autre aspect intéressant le travail sur la relation entre les volumes représentés souvent d'échelles aberrantes avec la contamination d'éléments graphiques purement planes. Le traitement chromatique de ces signes sans épaisseur rappelle étrangement Ed Ruscha par le subtil travail des couleurs.

Enfin il y a une contextualisation de l'accrochage par l'encadrement qui présente les œuvres peintes comme des volumes protubérants que le "plan" du sol, uniformément fuchsia, ré-éclaire d'une teinte électrique. C’est une tentative intéressante, à voir à la galerie Sémiose, jusqu’au 24 décembre.


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