Jean de Cambrai | Christie’s

Accueil » Art ancien » Jean de Cambrai | Christie’s | Par Thierry Grizard, publié le 19 juin 2016, modifié le 15 janvier 2019

Vente de deux pleurants chez Christie's

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Jean de Cambrai, le tombeau du duc de Berry

Les deux derniers pleurants en marbre provenant du tombeau du duc de Berry étaient aux enchères à Paris, le 15 juin 2016 chez Christie’s. Le Louvre les a préemptés pour 5,025 millions.


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Courtesy Christie's.


 

Deux pleurants, datés du 1396/1416, en marbre sculpté par jean de cambrai (1575/1438) provenant du cortège funéraire du tombeau de jean de france, duc de berry (1340/1416).

Estimation:
€4,500,000 - €5,500,000.
Prix au marteau:
€5,025,500.


Déjà au musée du Louvre:

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© Courtesy musée du Louvre.

Ces deux chefs-d’œuvre rejoindront au Louvre deux autres pleurants du même tombeau.

Ces pleurants encapuchonnés décoraient le soubassement du tombeau érigé à Bourges pour le duc de Berry, frère du roi de France Charles V et du duc de Bourgogne Philippe le Hardi. Les statuettes, expressives et animées, témoignent de l’évolution de l’art funéraire au XVe siècle vers une sculpture plus souple et éloquente, sous l’influence de l’art bourguignon.
La tombe d’un prince mécène
Le duc de Berry (1340-1416) fut un mécène fastueux, célèbre pour avoir commandé aux frères Limbourg les Très riches Heures du duc de Berry (Chantilly, musée Condé), le plus beau manuscrit enluminé de l’époque. En 1404, il choisit d’ériger sa sépulture dans la Sainte-Chapelle du palais ducal de Bourges. Le tombeau comprenait un gisant sur une dalle de marbre, sur un soubassement décoré de quarante pleurants sous arcatures. Deux campagnes de travaux furent nécessaires à sa réalisation...La suite ici.


Deux autres pleurants furent déjà adjugés chez Christie's

Précédente vente toujours chez Christie’s de deux autres sculptures du même tombeau:
en 2013:
Deux pleurants en albatre sculpté provenant du tombeau de jean de france (1340-1416), duc de berry.
Artistes : Etienne Bobillet et Paul Mosselmann (connu de 1441 a 1467), bourges, vers 1450-1453.

Prix au marteau:
€4,017,500
Vente : “Le goût français - arts décoratifs du XII au XIX siècle, novembre 2013, Paris.


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Courtesy Christie's.


Notes concernant le lot de la vente du 15 juin 2016:

L’art gothique apparaît dans l’Histoire, vers 1140-1160, en Ile-de-France, avant de rayonner à travers toute l’Europe. Au même moment, la sculpture funéraire, témoignage social unique, connaît un développement considérable. L’art gothique manifeste dans ce domaine son esprit inventif en créant le thème du gisant. A l’origine, le gisant ne cherche pas à figurer un personnage mort ou vivant, mais seulement à l’évoquer. Au XIIIème siècle, les traits du défunt sont idéalisés et c’est à partir du milieu du XIVème siècle que le gisant ressemble au personnage de son vivant. C’est sous Jean II le Bon (1319-1364) et Charles V (1337-1380) qu’apparait le goût d’une reproduction très exacte des traits des personnages.

Jean de France, duc de Berry (1340-1419) dit Jean le Magnifique
Troisième fils du roi Jean II le Bon, Jean de France (1340-1416) devint le premier duc de Berry et d’Auvergne en octobre 1360. Après la défaite de son père contre les Anglais à Poitiers en 1356, il fut envoyé comme otage en Angleterre, où il resta prisonnier jusqu’en 1367. A son retour en France, Jean de Berry se retrouva à la tête d’un espace politique nouveau et immense, réunissant la ville de Bourges, l’ancien bailliage royal de Berry, les châtellenies de Vierzon, Lury et Mehun-sur-Yèvre, ainsi que les bailliages d’Auvergne et des Montagnes d’Auvergne. De plus, en tant que prince du sang, le duc de Berry prenait part au gouvernement du royaume. Disposant d’un siège au conseil, il assurait de nombreuses missions diplomatiques et des commandements militaires. C’est ainsi qu’en 1369 il ajouta à son domaine le comté de Poitou, auparavant aux mains des Anglais depuis le traité de Brétigny (1360)… La suite ici.

 

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