Art ancien

Dragon, entre le réel le sacré et la malédiction

dragon, mythologie, christianisme, iconographie

Des origines à l’imaginaire médiéval Première partie Une créature bien curieuse hante l’imagination populaire depuis des siècles, pour devenir l’un des monstres les plus remarquables des mythologies à travers l’Eurasie, le monde oriental et enfin l’Occident. Pourtant, l’ambiguïté d’une telle incarnation du grand serpent – tantôt céleste, tantôt chtonienne ou aquatique – enveloppée des forces naturelles à dompter, ne fut jamais vraiment saisie par la pensée européenne médiévale. Comme l’avait déjà expliqué Jacques le Goff, la culture cléricale profondément manichéenne réduit le symbole polyvalent, celui de destructeur et de fécondant à la fois, à un sens univoque. Ainsi, le dragon prendrait figurativement la place du Mal dans le combat éternel avec le Bien, en jouant un rôle saisissant dans les croyances, les légendes et conséquemment dans les arts. À la recherche d’un modèle iconographique La diversité morphologique des espèces de dragons, transmise par des textes et un large corpus d’images entre l’Orient et l’Occident, dévoile toutefois la contiguïté de leurs principaux aspects. Il y est donc souvent question d’une créature reptile dont la puissance demeure dans sa longue queue en pointe, laquelle comme d’un coup de fouet peut écraser tout ce qui se trouve sur son chemin. Son corps ailé...